DPGF BTP : Décomposition du Prix Global et Forfaitaire
La DPGF détaille un marché forfaitaire poste par poste : définition, exemple, marché public et différence avec le DQE et le BPU.
La DPGF, ou Décomposition du Prix Global et Forfaitaire, est le document qui détaille le prix d’un marché de travaux à forfait, poste par poste. Plutôt qu’un montant global opaque, elle présente chaque prestation avec son unité, sa quantité, son prix unitaire et son montant total. C’est elle qui rend un forfait lisible, comparable d’une entreprise à l’autre et négociable. Elle est établie par le maître d’œuvre, qui fournit un cadre vide (les postes attendus), puis complétée par chaque entreprise candidate qui y inscrit ses prix. Une fois le marché signé, la DPGF sert de référence tout au long du chantier : calcul des situations de travaux, chiffrage des avenants et analyse de la rentabilité par poste. On la retrouve aussi bien en marché privé qu’en marché public de travaux.
Que signifie DPGF ?
DPGF est l’acronyme de Décomposition du Prix Global et Forfaitaire. Le terme décrit exactement sa fonction : décomposer un prix forfaitaire (global et fixe) en lignes détaillées, pour montrer comment ce forfait a été construit.
Comment se structure une DPGF ? (exemple)
Une DPGF se présente comme un tableau organisé par lot et par poste de travaux. Chaque ligne comporte au minimum une désignation, une unité de mesure, une quantité, un prix unitaire et un montant (quantité multipliée par le prix unitaire). Voici un exemple simplifié pour un lot de plâtrerie :
| Poste | Désignation | Unité | Qté | Prix unitaire | Montant |
|---|---|---|---|---|---|
| 2.1 | Cloison 72/48 placo BA13 | m² | 120 | 38,00 € | 4 560,00 € |
| 2.2 | Doublage thermique 13+100 | m² | 85 | 45,00 € | 3 825,00 € |
| 2.3 | Plafond suspendu BA13 | m² | 60 | 42,00 € | 2 520,00 € |
| Total lot plâtrerie HT | 10 905,00 € |
La somme des montants de tous les lots forme le prix forfaitaire du marché. C’est cette structure ligne par ligne qui permet au maître d’ouvrage de comparer objectivement deux offres et à l’entreprise de justifier son prix.
Marché forfaitaire ou marché à prix unitaires ?
Dans un marché forfaitaire, le prix est fixé globalement et ne varie pas selon les quantités réellement mises en œuvre : l’entreprise s’engage sur un montant total, quels que soient les aléas d’exécution. La DPGF est l’outil qui justifie la composition de ce forfait.
Dans un marché à prix unitaires, la facturation dépend des quantités réellement réalisées, mesurées contradictoirement. On s’appuie alors sur un Bordereau de Prix Unitaires (BPU) et un Détail Quantitatif Estimatif (DQE), et non sur une DPGF.
DPGF, DQE et BPU : quelles différences ?
Ces trois documents sont souvent confondus alors qu’ils ne servent pas le même type de marché :
| Document | Type de marché | Rôle |
|---|---|---|
| DPGF | Forfaitaire | Décompose le prix forfaitaire poste par poste |
| BPU | À prix unitaires | Liste les prix unitaires applicables |
| DQE | À prix unitaires | Chiffre une estimation des quantités pour comparer les offres |
Le BPU fixe les prix, le DQE applique des quantités estimatives à ces prix pour classer les candidats, tandis que la DPGF est réservée aux marchés où le prix est arrêté à forfait.
La DPGF dans un marché public
En marché public de travaux, la DPGF accompagne l’offre de l’entreprise lorsque le marché est conclu à prix forfaitaire. Elle permet à l’acheteur public d’analyser le détail des prix et de vérifier la cohérence de l’offre. Sa valeur contractuelle (opposable ou simplement indicative) dépend de ce que prévoient les pièces du marché, en particulier le CCAP. Il est donc essentiel de vérifier dans le règlement de consultation si la DPGF est une pièce contractuelle avant de la remplir.
Qui établit la DPGF ?
La DPGF est préparée par le maître d’œuvre (architecte ou bureau d’études), qui définit le découpage en lots et en postes à partir du CCTP et des plans. Ce cadre est transmis vide aux entreprises consultées. Chaque candidat le complète avec ses propres prix, puis le retourne avec son offre. L’entreprise ne modifie en principe ni la liste des postes ni les quantités fournies : elle renseigne uniquement les prix unitaires et les montants.
Comment remplir une DPGF sans se tromper ?
Trois réflexes limitent les erreurs coûteuses. D’abord, vérifier la cohérence entre la DPGF, le CCTP et les plans : un poste oublié dans le chiffrage reste dû une fois le forfait signé. Ensuite, ne jamais laisser de ligne à zéro sans le signaler, car une prestation chiffrée à 0 € est réputée comprise dans le forfait. Enfin, conserver le détail de son sous-chiffrage (déboursés, temps de main-d’œuvre) poste par poste, pour pouvoir défendre ses prix lors des avenants et analyser la rentabilité en fin de chantier. Pour gagner du temps, partez d’un modèle de DPGF Excel gratuit déjà structuré avec ses calculs automatiques.
DPGF et suivi financier du chantier
Bien que la DPGF soit d’abord un document de réponse à l’appel d’offres, elle reste un outil de pilotage pendant l’exécution. Elle sert de référence pour chiffrer les avenants et pour calculer les situations de travaux. Croiser les postes de la DPGF avec les heures réellement passées révèle la rentabilité réelle de chaque poste. KeoBat affecte les pointages horaires par chantier et par lot, ce qui donne une base chiffrée pour comparer le prévu (DPGF) au réalisé (temps passé) et repérer les postes déficitaires avant qu’ils ne plombent le résultat global.
Exemple terrain. Une entreprise de plâtrerie qui compare les heures réellement pointées sur le poste « cloisons » au montant prévu dans sa DPGF découvre que ce poste lui coûte 20 % de plus qu’estimé. Sans ce rapprochement prévu/réalisé par poste, l’écart resterait noyé dans le résultat global du chantier et ne serait jamais corrigé sur le devis suivant.