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BPU BTP : Bordereau de Prix Unitaires, définition et rôle

Le BPU liste les prix unitaires par poste dans un marché à prix unitaires : définition, exemple, lien avec le DQE et la DPGF.

Le BPU, ou Bordereau de Prix Unitaires, est le document qui liste les prix unitaires de chaque poste ou ouvrage d’un marché de travaux, sans y associer de quantités. C’est la pièce de référence des marchés à prix unitaires : le prix de chaque prestation est fixé à l’avance (le mètre carré de cloison, le mètre linéaire de réseau, le mètre cube de béton), mais la facturation finale dépend des quantités réellement réalisées et mesurées contradictoirement sur le chantier. Le BPU est établi par le maître d’œuvre, qui transmet un cadre vide aux entreprises consultées, puis complété par chaque candidat qui y inscrit ses prix. Il est presque toujours couplé à un DQE (Détail Quantitatif Estimatif), qui applique des quantités prévisionnelles à ces prix pour permettre de comparer les offres. Il s’oppose à la DPGF, réservée aux marchés à forfait.

Que signifie BPU ?

BPU est l’acronyme de Bordereau de Prix Unitaires. Le terme décrit sa fonction : un bordereau, c’est-à-dire une liste ordonnée, qui recense le prix unitaire de chaque prestation prévue au marché. Contrairement à la DPGF, il ne comporte ni quantité ni montant total : il fixe uniquement le prix de l’unité.

À quoi sert un BPU ?

Le BPU sert de grille tarifaire contractuelle pour toute la durée du marché. Une fois signé, il fige le prix de chaque ouvrage. Pendant l’exécution, on mesure les quantités réellement réalisées et on les multiplie par les prix du BPU pour établir les situations de travaux et la facturation. Il sécurise donc les deux parties : le maître d’ouvrage connaît à l’avance le prix de chaque prestation, l’entreprise est payée sur la base de ce qu’elle exécute réellement.

Comment se présente un BPU ? (exemple)

Un BPU se présente comme un tableau organisé par lot et par poste. Chaque ligne comporte une désignation, une unité de mesure et un prix unitaire, mais aucune quantité. Voici un exemple simplifié pour un lot de VRD :

PosteDésignationUnitéPrix unitaire HT
1.1Décaissement de terre18,00 €
1.2Tranchée pour réseau enterréml22,00 €
1.3Pose de bordure bétonml35,00 €
1.4Enrobé noir 6 cm28,00 €

Le BPU s’arrête là : il fixe les prix, sans engager de volume. Ce sont les quantités réellement réalisées qui détermineront le montant facturé.

Quelle différence entre le BPU et la DPGF ?

C’est la confusion la plus fréquente, car les deux ressemblent à des tableaux de prix par poste. La différence tient au type de marché et à ce qui déclenche la facturation :

DocumentType de marchéCe qui fixe le montant payé
BPUÀ prix unitairesLes quantités réellement réalisées, multipliées par les prix unitaires
DPGFForfaitaireLe forfait global signé, quelles que soient les quantités exécutées

Avec un BPU, si vous posez plus de mètres linéaires de bordure que prévu, vous êtes payé pour ces mètres supplémentaires. Avec une DPGF, le prix reste figé : l’entreprise assume les écarts de quantités, sauf modification du programme par avenant.

Quel est le lien entre le BPU et le DQE ?

Le BPU et le DQE fonctionnent en couple dans un marché à prix unitaires. Le BPU fixe les prix unitaires. Le DQE reprend ces prix et leur applique des quantités estimatives (établies par le maître d’œuvre) pour aboutir à un montant estimatif global. Cette estimation chiffrée sert à comparer et classer les offres des candidats. Le BPU est la pièce contractuelle de référence pour les prix ; le DQE n’est qu’une projection servant à l’analyse, car les quantités définitives ne seront connues qu’après exécution.

Le BPU est-il une pièce contractuelle ?

Dans un marché à prix unitaires, le BPU est une pièce contractuelle essentielle : c’est lui qui détermine, prix par prix, ce qui sera dû à l’entreprise. Sa valeur exacte et son articulation avec les autres pièces (DQE, lots, conditions de variation des prix) sont précisées par les documents du marché. En marché public, il convient toujours de vérifier dans les pièces contractuelles, notamment le CCAP, le statut du BPU et celui du DQE avant de chiffrer.

Exemple terrain. Une entreprise de VRD remporte un marché à prix unitaires avec un BPU fixant la tranchée à 22 €/ml. Le DQE l’estimait à 400 ml. Sur le terrain, les contraintes de sol imposent finalement 540 ml. L’entreprise est payée pour 540 ml réellement réalisés et mesurés contradictoirement, soit 11 880 € au lieu des 8 800 € estimés, sans avenant, parce que le prix unitaire était figé au BPU et que la facturation suit les quantités réelles.

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