Technique

Ferraillage : définition et rôle des armatures dans le béton armé

Le ferraillage est la mise en place des armatures acier dans le béton : rôle, enrobage, recouvrement, treillis soudé et coffrage.

Le ferraillage désigne la mise en place des armatures en acier (barres, cadres, treillis) à l’intérieur d’un ouvrage en béton, avant le coulage, afin de constituer du béton armé. Le béton résiste très bien à la compression mais très mal à la traction : il se fissure dès qu’on le tire ou le fléchit. Les aciers placés aux bons endroits reprennent justement ces efforts de traction, ce qui permet à l’ensemble de tenir sous charge. Le ferraillage est défini par le bureau d’études structure, qui calcule les sections d’acier nécessaires et les reporte sur des plans de ferraillage précis (diamètre des barres, espacement, nombre, longueur de recouvrement). Sur le chantier, le ferrailleur façonne et assemble les armatures selon ces plans, les positionne dans le coffrage en respectant l’enrobage, puis le béton est coulé. C’est une étape clé du gros œuvre, qui conditionne la solidité et la durabilité de la structure.

Que signifie le ferraillage en béton armé ?

Le ferraillage est l’opération qui consiste à intégrer des armatures métalliques dans un élément de béton (semelle, poteau, poutre, dalle, voile, longrine). Le terme désigne à la fois l’action de poser les aciers et l’ensemble des armatures elles-mêmes. Le résultat est le béton armé, un matériau composite où l’acier reprend la traction et le béton la compression. Sans ferraillage, un élément de béton soumis à la flexion casserait de façon brutale.

À quoi sert le ferraillage ?

Il sert à reprendre les efforts de traction et de cisaillement que le béton seul ne supporte pas. Concrètement, les aciers se placent dans les zones tendues de l’ouvrage : en partie basse d’une poutre sur appuis, au-dessus des appuis d’une dalle continue, sur tout le périmètre d’un poteau. Le ferraillage limite aussi la fissuration, répartit les charges et augmente la résistance aux séismes et aux mouvements de terrain.

Quelle différence entre ferraillage et coffrage ?

Ce sont deux opérations distinctes mais complémentaires du gros œuvre :

FerraillageCoffrage
RôleMet en place les aciers qui arment le bétonCrée le moule qui donne sa forme au béton
MatériauAcier (barres HA, treillis, cadres)Bois, contreplaqué, banches métalliques
Reste dans l’ouvrage ?Oui, noyé dans le bétonNon, retiré après durcissement (décoffrage)

Sur le terrain, on coffre, on positionne le ferraillage à l’intérieur du coffrage, puis on coule le béton. Voir la fiche coffrage béton pour le détail de cette étape.

Qu’est-ce que l’enrobage et le recouvrement ?

L’enrobage est l’épaisseur de béton entre la surface de l’armature et la face extérieure de l’élément. Il protège l’acier de la corrosion et garantit l’adhérence : un enrobage trop faible expose les aciers à la rouille et fait éclater le béton à terme. L’enrobage dépend de l’exposition de l’ouvrage (intérieur, extérieur, milieu agressif) et figure sur les plans. Le recouvrement est la longueur sur laquelle deux barres se chevauchent pour assurer la continuité de l’effort quand une seule barre ne suffit pas en longueur.

Qu’est-ce qu’un treillis soudé ?

Le treillis soudé (ou panneau ST) est un quadrillage de fils d’acier soudés à leurs intersections, livré en panneaux ou en rouleaux. Il sert d’armature pour les surfaces planes : dalles, dallages, planchers. Il remplace avantageusement la pose de barres individuelles croisées, car il se déroule ou se pose d’un seul tenant, ce qui accélère le ferraillage. On distingue les barres haute adhérence (HA), façonnées sur mesure pour les poutres et poteaux, et le treillis soudé, réservé aux ouvrages plans.

Qui réalise et qui dimensionne le ferraillage ?

Le dimensionnement relève du bureau d’études structure (ou ingénieur béton armé), qui calcule les sections d’acier et établit les plans de ferraillage à partir des charges et de la réglementation en vigueur. La mise en œuvre est assurée par le ferrailleur, une qualification du gros œuvre, qui façonne, ligature et positionne les armatures. Le respect strict des plans est impératif : un ferraillage non conforme (mauvais diamètre, espacement excessif, enrobage insuffisant) fragilise durablement l’ouvrage et n’est plus rattrapable une fois le béton coulé.

Comment vérifier un ferraillage avant coulage ?

Le ferraillage doit être contrôlé avant le coulage, car il devient invisible ensuite. On vérifie le diamètre et le nombre de barres, leur espacement, les longueurs de recouvrement, la position des cadres et surtout l’enrobage (assuré par des cales). Ce contrôle visuel est souvent l’objet d’un point d’arrêt sur le chantier. Tracer ces vérifications par des photos horodatées sécurise l’entreprise en cas de litige sur la solidité de l’ouvrage : la photo de chantier classée par chantier permet de prouver qu’un ferraillage conforme a bien été posé avant le béton.

Exemple terrain. Sur une semelle de fondation, le conducteur de travaux constate que les cales d’enrobage ont glissé et que les aciers touchent le fond de fouille. Un coulage en l’état aurait exposé les armatures à l’humidité du sol et déclenché la corrosion à moyen terme. Repérée avant le béton et corrigée en quelques minutes, l’anomalie aurait coûté une reprise de structure si elle était passée inaperçue.

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